Le cannabis thérapeutique

9 mars 2021
Le 9 octobre 2020 paraissait au Journal officiel l’autorisation d’expérimentation de l’usage thérapeutique du cannabis dans un cadre très limité et contrôlé en France.
L’expérimentation du cannabis à usage médical aura pour premier objectif d’évaluer la faisabilité du circuit de mise à disposition du cannabis pour les patients.
Son second objectif sera de recueillir les premières données françaises sur l’efficacité et la sécurité de l’utilisation du cannabis dans un cadre médical.
L’expérimentation doit débuter avant le 31 mars 2021, et va concerner 3000 patients, traité pendant 2 ans, qui remplissent les indications thérapeutiques suivantes :

  • dans les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles
  • dans certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistantes
  • dans le cadre des soins de support en oncologie
  • dans les situations palliatives
  • dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques.

Les médicaments à base de cannabis utilisés pendant l’expérimentation sont des produits finis, contenant du delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol (CBD). Ils peuvent se présenter sous différentes formes pharmaceutiques :

  • une forme pour inhalation par vaporisation telle que des sommités fleuries séchées ou des granulés, contenant du THC et du CBD ;
  • une forme orale à base d’extraits solubilisés dans une matrice huileuse sous la forme de capsules ou sous une forme pharmaceutique équivalente contenant du THC et du CBD ;
  • une forme orale ou sublinguale à base d’extraits solubilisés dans une matrice huileuse contenant du THC et du CBD.
  • L’initiation du traitement est réservée aux médecins référents prenant en charge les 5 indications ci-dessus, sur la base du volontariat, et participant à une formation préalable. Le relais par un médecin de ville peut être possible si le traitement est stabilisé.
  • La dispensation se fera par les pharmacies hospitalières, ou en officine, sur le même principe de dispensation de médicaments stupéfiants, avec une ordonnance sécurisée, renouvelée au maximum tous les 28 jours.

Le suivi des patients sera répertorié dans un registre national électronique, où seront analysés autant les effets indésirables, que les premières données d’efficacité, le tout suivi par un comité scientifique multidisciplinaire.

Toutefois, comme pour tout autre traitement, il y a des contre-indications et des précautions d’emploi à respecter :

  • contre-indication chez la femme enceinte et allaitante
  • mise en place d’une contraception efficace pour les femmes en âge de procréer
  • mise en garde sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
  • prescription possible quel que soit l’âge si le bénéfice est supposé favorable compte tenu de la sévérité du trouble.

Concernant les produits, leur qualité devra respecter un cahier des charges validé par le comité de l’Agence Nationale du Médicament (ANSM), mais également d’un point de vue technique. La traçabilité du/des pays exportant le cannabis sera strictement rigoureuse.

Le suivi des patients se fera par le biais d’un registre électronique, avec différents modules : référencement des prescripteurs, des pharmacies, et des patients ; recueil des données de posologie, efficacité, effets indésirables, qualité de vie, mais en parallèle suivi aussi du circuit de dispensation (facilité de RDV, délai de dispensation, facilité à trouver une officine…)

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